Un long dimanche de fiançailles

Un long dimanche de fiançailles
Résumé :
À 8 ans, Mathilde fait la connaissance de Jean, dit Manech ; les années passant, il devient l'homme de sa vie. Appelé jeune, il part à la guerre en 1917. Ne supportant pas la vie dans les tranchées, Manech s'auto-mutile pour être démobilisé.

Janvier 1917 : cinq soldats français sont condamnés à mort en conseil de guerre, dont Manech : ils seront jetés par-dessus le rebord des tranchées dans le no man's land. Toute une nuit et toute une journée, ils vont tenter de survivre. À l'autre bout de la France, Mathilde aime toujours ce bleuet Manech d'un amour à l'épreuve de tout. La paix venue, Manech sera porté pour mort, mais elle se battra pour connaître la vérité et le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l'a perdu. Tout au long de ce qu'on appellera ensuite les années folles, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours et, malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu'au bout de l'espoir insensé qui la porte. Elle le recherchera contre vents et marées.

Critique :
Ce livre est une magnifique histoire d'amour. On découvre Mathilde, une jeune femme obstinée mais trés fragile, attachante et boulversante.
J'ai beaucoup aimé ce livre.
Je vous signale en passant qu'il y a eu un film de fait à partir du livre avec Audrey Tautou.
Je le trouve tout à fait à la hauteur du livre.

Extrait :
« Il restait ce fil (...). Mathilde l'a saisi. Elle le tient encore. Il la guide dans le labyrinthe d'où Manech n'est pas revenu. Quand il est rompu, elle le renoue. Jamais elle ne se décourage. Plus le temps passe, plus sa confiance s'affermit, et son attention.
Et puis Mathilde est d'heureuse nature. Elle se dit que si ce fil ne la ramène pas à son amant, tant pis, c'est pas grave, elle pourra toujours se pendre avec. »

# Posté le jeudi 19 juin 2008 10:24

La voleuse de livres de Markus Zusak

La voleuse de livres de Markus Zusak
résumé :
Allemagne, 1939. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption, à l'abris, en dehors de Munich : le père de Liesel est en effet accusé de communisme, . Lors du voyage, son petit frère meurt d'une quinte de toux. Durant son enterrement , Liesel ramasse un livre, tombé de la poche d'un fossoyeur, "Le manuel du fossoyeur" . Elle ne sait pas lire et pourtant cet objet va devenir son bien le plus précieux.
Liesel veut absolument lire ce livre, son père d'adoption va donc l'aider à apprivoiser les mots.
Elle commence alors à voler des livres pour contenter son irrésisitible envie de lire.

Un jour, Max, un boxeur juif rend visite à Han (son père adoptif) et lui demande de l'aide. Son père avait sauvé la vie d'Hans pendant le première guerre mondiale, ce dernier decide de le cacher dans le sous-sol.
Liesel s'attache à Max et réciproquement. Ils sont liés par leurs grandes similitudes.

La narratrice de ce livre est la mort elle-meme.
Ce n'est pas la grande faucheuse que l'on imagine, cruelle et qui arrache la vie des gens.
Elle se contente de ramasser l'ame des morts.
Elle observe la folie des hommes avec cynisme, mais elle est compatissante et attachante.

critique :
coup de coeur !!!
Voici un de mes livres préferé.
Livre envoutant et touchant.
La voleuse de livre est une histoire tout à fait originale et inédite. On n'est pas habitués à ce que la mort nous parle!!
C'est un livre à la fois poétique et boulversant.
On se laisse embarqué par le livre.
L'histoire est terriblement triste.

extrait :
MORT ET CHOCOLAT

D'abord les couleurs. Ensuite les humains. C'est comme ça que je vois les choses, d'habitude. Ou que j'essaie, du moins.

UN DÉTAIL Vous allez mourir.

En toute bonne foi, j'essaie d'aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n'en sommes qu'aux « A ». Mais ne me demandez pas d'être gentil. La gentillesse n'a rien à voir avec moi.

RÉACTION AU DÉTAIL CI-DESSUS Ça vous inquiète ? Surtout, n'ayez pas peur. Je suis quelqu'un de correct.

Une présentation s'impose. Un début. J'allais manquer à tous mes devoirs. Je pourrais me présenter dans les règles, mais ce n'est pas vraiment nécessaire. Vous ferez bien assez tôt ma connaissance, en fonction d'un certain nombre de paramètres. Disons simplement qu'à un moment donné, je me pencherai sur vous, avec bienveillance. Votre âme reposera entre mes bras. Une couleur sera perchée sur mon épaule. Je vous emporterai avec douceur. À cet instant, vous serez étendu (je trouve rarement les gens debout). Vous serez pris dans la masse de votre propre corps. Peut-être vous découvrira-t-on ; un cri déchirera l'air. Ensuite, je n'entendrai plus que mon propre souffle et le bruit de l'odeur, celui de mes pas. L'essentiel, c'est la couleur dont seront les choses lorsque je viendrai vous chercher. Que dira le ciel ? Personnellement, j'aime quand le ciel est couleur chocolat. Chocolat noir, très noir. Il paraît que ça me va bien. J'essaie quand même d'apprécier chaque couleur que je vois – la totalité du spectre. Un milliard de saveurs, toutes différentes, et un ciel à déguster lentement. Ça atténue le stress. Ça m'aide à me détendre.

UNE PETITE THÉORIE Les gens ne remarquent les couleurs du jour qu'à l'aube et au crépuscule, mais pour moi, une multitude de teintes et de nuances s'enchaînent au cours d'une journée. Rien que dans une heure, il peut exister des milliers de couleurs variées. Des jaunes cireux, des bleus recrachés par les nuages, des ténèbres épaisses. Dans mon travail, j'ai à c½ur de les remarquer.

# Posté le mercredi 18 juin 2008 13:19

Modifié le mercredi 18 juin 2008 13:36

Le joueur d'échecs de Stephan Zweig

Le joueur d'échecs de Stephan Zweig
résumé :
Sous le régime nazi, un homme opposé au régime se fait arreter. Il ne subit aucune torture physique masi il est enfermé dans une piece blanche et dépourvue de meubles. Il ne voit personne et ne peut rien faire.
Pour ne pas sombrer dans la folie, il vole un livre dépassant de la poche d'un de ses tortionnaires qui l'interroge.
Ce livre est un manuel d'échecs.
Il apprend a jouer et se met ensuite a faire des parties en pensée contre lui-meme.
Apres plusieures mois de détention, il est libéré.
Quelques années plus tard, il se retrouve dans le meme bateau que le meilleur joueur d'échecs au monde.
Poussé pas ses compagnons de bord il est repris de la folie des échecs.


critique :
Ce livre est très court ( 100 pages) mais il fait beaucoup réflechir.
C'est un livre très interessant oú l'on traite surtout la psychologie du personnage.


Extrait:
« Une chambre particulière dans un hôtel - peut-on rêver traitement plus humain, n'est-ce pas ? Et pourtant, croyez-moi, c'était pour nous appliquer une méthode plus raffinée, mais non pas plus humaine, qu'on nous logeait en « personnalités importantes » dans des chambres d'hôtel particulières et convenablement chauffées, plutôt que dans des baraques glacées et avec vingt personnes. Car la pression qu'on voulait exercer sur nous pour nous arracher les renseignements recherchés était d'une espèce plus subtile que celle des coups de bâton et des tortures corporelles : c'était l'isolement le plus raffiné qui se puisse imaginer. On ne nous faisait rien - on nous laissait seulement en face du néant, car il est notoire qu'aucune chose au monde n'oppresse davantage l'âme humaine. En créant autour de chacun de nous un vide complet, en nous confinant dans une chambre hermétiquement fermée au monde extérieur, on usait d'un moyen de pression qui devait nous desserrer les lèvres, de l'intérieur, plus sûrement que les coups et le froid. Au premier abord, la chambre qu'on m'assigna n'avait rien d'inconfortable. Elle possédait une porte, un lit, une chaise, une cuvette, une fenêtre grillagée. Mais la porte demeurait verrouillée nuit et jour, il m'était interdit d'avoir un livre, un journal, du papier ou un crayon. Et la fenêtre s'ouvrait sur un mur coupe-feu. Autour de moi, c'était le néant, j'y étais tout entier plongé. On m'avait pris ma montre, afin que je ne mesure plus le temps, mon crayon, afin que je ne puisse plus écrire, mon couteau, afin que je ne m'ouvre pas les veines : on me refusa même la légère griserie d'une cigarette. Je ne voyais jamais aucune figure humaine, sauf celle du gardien, qui avait ordre de ne pas m'adresser la parole et de ne répondre à aucune question. Je n'entendais jamais une voix humaine. Jour et nuit, les yeux, les oreilles, tous les sens ne trouvaient pas le moindre aliment, on restait seul, désespérément seul en face de soi-même, avec son corps et quatre ou cinq objets muets : la table, le lit, la fenêtre, la cuvette. On vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre, dans ce noir océan de silence, mais un plongeur qui pressent déjà que la corde qui le reliait au monde s'est rompue et qu'on ne le remontera jamais de ces profondeurs muettes. On n'avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le néant vertigineux, un vide sans dimensions dans l'espace et dans le temps. On allait et venait dans sa chambre, avec des pensées qui vous trottaient et vous venaient dans la tête, sans trêve, suivant le même mouvement. Mais, si dépourvues de matière qu'elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle. Elles ne supportent pas le néant, elles non plus. On attendait quelque chose du matin au soir, mais il n'arrivait rien. On attendait, recommençait à attendre. Il n'arrivait rien. À attendre, attendre et attendre, les pensées tournaient, tournaient dans votre tête, jusqu'à ce que les tempes vous fassent mal. Il n'arrivait toujours rien. On restait seul. Seul. Seul.

# Posté le mardi 17 juin 2008 13:46

Kiss Kiss de Roald Dahl

Kiss Kiss de Roald Dahl
résumé :

Ce livre comporte toute une série de nouvelles traitées avec humour noir et cynisme.
Roald Dahl nous parle aussi bien de chirurgie que d'abeille ou de brocanteur.
Les nouvelles n'ont aucun rapport les unes avec les autres et racontent une nouvelle histoire a chaque fois.


critique:

Voila le genre de nouvelle que l'on dévore avec un plaisir évident.
Roald Dahl nous parle avec un vocabulaire spécifique (chirurgie, apiculture etc...) mais il le fait en bonne quantité et écrit des histoires inimaginables et passionantes.

extrait :

"C'est ce film qui m'avait donné l'idée de retirer le cerveau d'un corps humain et de la garder vivant et en parfait état de fonctionnement comme une unité indépendante et pour un temps illimité, apres la mort de l'homme. VOTRE cerveau, par exemple, apres VOTRE mort.
"Cette idée me deplait, dis-je.
"Ne m'interrompez pas, William, laissez-moi terminer. Toutes les expériences précédentes prouve que le cerveau est un organe qui s'entretient remarquablement lui-meme. Il secrete son propre liquide cérébro-spinal. Les processus magiques de la pensée et de la mémoirequi prennent naissance a l'interieur ne sont manifestement pas compromis par l'absence des membranes, ou du coffre, ou meme du crane pourvu que, comme je le disais, vous ayez soin de l'alimenter suffisament en sang oxigéné, dans des conditions naturelles.

# Posté le mardi 17 juin 2008 10:27

Modifié le mardi 17 juin 2008 12:36

Plus un mot de E.L Konisburg

Plus un mot de E.L Konisburg
A la suite de la chute accidentelle de sa petite soeur Nikki, Branwell se réfugie dans un mutisme profond, refusant toute communication avec autrui. Son meilleur ami, Connor, est persuadé qu'il n'est en rien responsable de cet accident et décide de mener sa propre enquête, aidé de sa demi-soeur, Margaret. Pour arriver à ses fins, il va instaurer une forme de communication codée avec son ami afin de réussir à mieux comprendre la vérité autour de cet événement tragique.
Ainsi, Connor va remonter le temps et découvrir la véritable nature humaine de la jeune fille au pair de la famille, Vivian, au comportement bien étrange...


Mon avis

Ce livre est très passionant. En effet il montre tout d'abord la complicité entre deux meilleurs amis et encore une fois la manipulation de la baby-sitter. Je vous le recommande.

Un extrait

Je ne pourrais pas expliquer pourquoi nous sommes devenus amis, Branwell et moi. L'amitié ne s'explique pas. Il existe autant de raisons pour que de raisons contre. En revanche, je sais très bien où et quand notre amitié a commencé. Où : à la crèche. Quand : depuis le début.
Comme je l'ai déjà dit, nous sommes pratiquement du même âge (Branwell a trois semaines de plus que moi) et nos chemins se sont croisés dès la naissance. Nous avons tous les deux un père qui travaille à l'université. Nous habitons tous les deux Tower Hill Road, le long du campus, et nous avons passé toutes nos années de crèche et de maternelle à l'école pilote de l'université. L'amitié, c'est une question de concordance de temps, de lieu et d'état d'esprit.
Voici quelques-unes de nos différences. Branwell a été élevé par son père, alors que j'ai toujours eu ma mère. Branwell est le fruit d'un premier mariage, moi d'un second. Sa demi-soeur est plus jeune que lui, la mienne plus âgée. Dans ma famille, il y a eu un divorce ; dans la sienne, un décès.
Branwell avait neuf mois quand sa mère est morte dans un accident de voiture. C'est son père qui conduisait. À trois pâtés de maisons de chez eux, ils se sont fait percuter par un type qui conduisait en état d'ivresse. La mère de Branwell était assise à l'avant. Lui, il était à l'arrière, sanglé dans le siège de sécurité le plus luxueux et le plus solide du monde, cadeau de M. et Mme Branwell, ses grands-parents maternels.
Branwell prétend parfois qu'il n'a aucun souvenir de l'accident. Mais on lui en a parlé si souvent qu'à d'autres moments, il n'arrive plus à faire la différence entre ce qu'il se rappelle et ce qu'on lui a raconté. D'après ma mère, qui a une maîtrise de psychologie, M. Zamborska a toujours affirmé qu'il aurait préféré être tué à la place de sa femme. Branwell serait content de savoir qu'il existe une expression pour définir ce type de sentiment : la culpabilité du survivant. Ma mère m'a dit qu'on avait écrit des tas de livres, uniquement sur ce sujet-là.

# Posté le vendredi 06 juin 2008 06:54